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Commentaire composé Prologue de “Lambeaux

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Charles Juliet Lambeaux
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur le \"Prologue\" de \"Lambeaux\" de Charles Juliet. Cette analyse sur le prologue de Lambeaux de Juliet a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Lambeaux”

    Le passage que nous allons étudier est situé au début de Lambeaux et constitue le « prologue » du récit. Charles JULIET présente dans ce texte sa mère naturelle à laquelle il consacre toute la première partie de l'oeuvre. Mais ce prologue permet aussi au lecteur de découvrir indirectement le narrateur qui deviendra le personnage central de la seconde partie consacrée à la mère adoptive. Digne d'une pièce de théâtre, ce prologue assume la même fonction qu'une scène d'exposition.

    Texte étudié : Charles Juliet : \"Lambeaux\" : \"Prologue\"

    Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te
    consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l'âtre, le feu
    qui ronfle, et toi, appuyée de l'épaule contre le manteau de la cheminée. A
    tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la
    neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit interminable. La
    route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ à une vie
    autre, à l'infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta
    solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la
    limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps,
    cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce
    point si souvent scruté où elle coupe l'horizon. Mais à quoi bon partir.
    Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours
    trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par
    les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t'écouter, te
    comprendre, t'accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes,
    mais ce qui ronge, comment s'en défaire ? Au fond de toi, cette plainte, ce
    cri rauque qui est allé s'amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais,
    et qui au fil des jours, au fil des ans, a fini par t'étouffer. La nuit
    interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la
    vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues.
    Mais ces instants que je voudrais revivre avec toi, ces instants où tu
    lâchais les amarres, te livrais éperdument à la flamme, où tu laissais
    s'épanouir ce qui te poussait à t'aventurer toujours plus loin, te maintenait
    les yeux ouverts face à l'inconnu. Tu n'aurais osé le reconnaître, mais à
    maintes reprises il est certain que l'immense et l'amour ont déferlé sur tes
    terres. Puis comme un coup qui t'aurait brisé la nuque, ce brutal retour au
    quotidien, à la solitude, à la nuit qui n'en finissait pas. Effondrée, hagarde.
    Incapable de reprendre pied. Te ressusciter, te recréer. te dire au fil des
    ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour
    ton malheur et le mien, s'est déchirée.
    (Charles JULIET, \"Lambeaux\" : \"Prologue\")