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Commentaire composé Autorité Politique de “L'Encyclopédie

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Denis Diderot L'Encyclopédie
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Autorité politique\" de Diderot (extrait du Neveu de Rameau). Cette analyse sur \"Autorité politique\" de Diderot a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'Encyclopédie”

    Diderot a été le coordinateur de l'Encyclopédie pendant vingt ans. C'est une œuvre de vulgarisation du savoir et une œuvre de contestation, c'est pourquoi elle a été interdite dès la parution du premier volume. Diderot s'interroge ici sur la notion d'autorité. Il remet en question la monarchie absolue, ce qui est assez osé pour l'époque. Son article est structuré comme une démonstration.

    On distingue trois autorités :
    • l'autorité paternelle;
    • l'autorité par la force et la violence;
    • l'autorité par le consentement.

    Texte étudié : Diderot, Encyclopédie, Autorité politique

    Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La
    liberté est un présent du Ciel, et chaque individu de la même espèce a le
    droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison. Si la nature a établi
    quelque autorité, c'est la puissance paternelle : mais la puissance
    paternelle a ses bornes ; et dans l'état de nature, elle finirait aussitôt que
    les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient
    d'une autre origine que la nature. Qu'on examine bien et on la fera
    toujours remonter à l'une de ces deux sources : ou la force et la violence
    de celui qui s'en est emparé ; ou le consentement de ceux qui y sont
    soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont
    déféré l'autorité.
    La puissance qui s'acquiert par la violence n'est qu'une usurpation et ne
    dure qu'autant que la force de celui qui commande l'emporte sur celle de
    ceux qui obéissent ; en sorte que, si ces derniers deviennent à leur tour
    les plus forts, et qu'ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et
    de justice que l'autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait
    l'autorité la défait alors : c'est la loi du plus fort.
    Quelque fois l'autorité qui s'établit par la violence change de nature ; c'est
    lorsqu'elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux
    qu'on a soumis : mais elle rentre par là dans la seconde espèce dont je
    vais parler et celui qui se l'était arrogée devenant alors prince cesse d'être
    tyran.
    La puissance, qui vient du consentement des peuples, suppose nécessairement des conditions qui en rendent l'usage légitime, utile à la
    société, avantageux à la république, et qui la fixent et la
    restreignent entre des limites ; car l'homme ne doit ni ne peut se donner
    entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu'il a un maître
    supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C'est
    Dieu, dont le pouvoir est, toujours immédiat sur la créature, maître aussi
    jaloux qu'absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique
    point. Il permet pour le bien commun et pour le maintien de la société que
    les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu'ils
    obéissent à l'un d'eux ; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure,
    et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s'arroge
    pas les droits du Créateur. Toute autre soumission est le véritable crime
    de l'idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image
    n'est qu'une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur
    et l'esprit ne se soucie guère et qu'il abandonne à l'institution des hommes
    pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d'un culte civil et
    politique, ou d'un culte de religion. Ainsi ce ne sont point ces cérémonies
    en elles-mêmes, mais l'esprit de leur établissement, qui en rend la
    pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n'a point de scrupule à servir
    le roi le genou en terre ; le cérémonial ne signifie que ce qu'on
    a voulu qu'il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans
    aucune réserve à la volonté et au caprice d'une pure créature, en faire
    l'unique et le dernier motif de ses actions, c'est assurément un crime de
    lèse-majesté divine au premier chef. [...](Diderot, Encyclopédie, Autorité politique)