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Commentaire composé Principe des trois gouvernements : la démocratie de “De l'esprit des lois

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Charles-Louis de Montesquieu De l'esprit des lois
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur les Principes de la démocratie extrait de \"Principes des trois gouvernements\" (Chapitre 3) de Montesquieu. Cette analyse des Principes de la démocratie de Montesquieu a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “De l'esprit des lois”

    Cet extrait intervient au chapitre 3 du livre III après que Montesquieu ait présenté la nature des trois gouvernements (républicain, monarchique et despotique) ainsi que les lois qui en étaient relatives. Dans ce passage, l'auteur se propose d'étudier le principe de la démocratie. Selon Montesquieu, c'est le principe d'un gouvernement qui le fait agir.

    L'intérêt de cet extrait réside dans la méthode argumentative de Montesquieu, le rationalisme éclairé dont il fait preuve pour nous présenter ses théories politiques (rapport avec l'objet d'étude : Lumières et rationalisme).

    Texte étudié : Montesquieu, Principes des trois gouvernements (Chapitre 3), Principe de la démocratie

    Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu'un gouvernement monarchique
    ou un gouvernement despotique se maintiennent ou se soutiennent. La
    force des lois dans l'un, le bras du prince toujours levé dans l'autre,
    règlent ou contiennent tout. Mais dans un état populaire, il faut un ressort
    de plus, qui est la VERTU.
    Ce que je dis est confirmé par le corps entier de l'histoire, et très
    conforme à la nature des choses. Car il est clair que dans une monarchie
    où celui qui fait exécuter les lois se juge au-dessus des lois, on a besoin
    de moins de vertu que dans un gouvernement populaire où celui qui fait
    exécuter les lois sent qu'il y est soumis lui-même et qu'il en portera le
    poids.
    Il est clair encore que le monarque qui, par mauvais conseil ou par
    négligence, cesse de faire exécuter les lois, peut aisément réparer le mal :
    il n'a qu'à changer de conseil, ou se corriger de cette négligence même.
    Mais lorsque, dans un gouvernement populaire, les lois ont cessé d'être
    exécutées, comme cela ne peut venir que de la corruption de la
    république, l'Etat est déjà perdu.
    Quand Sylla voulut rendre à Rome la liberté, elle ne put plus la recevoir :
    elle n'avait plus qu'un faible reste de vertu; et comme elle en eut toujours
    moins, au lieu de se réveiller après César, Tibère, Caïus, Claude, Néron,
    Domitien, elle fut toujours plus esclave : tous les coups portèrent sur les
    tyrans, aucun sur la tyrannie.
    Les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne
    reconnaissaient pas d'autre force qui pût le soutenir que celle de la vertu.
    Ceux d'aujourd'hui ne nous parlent que de manufactures, de commerce,
    de finances, de richesses, et de luxe même.
    Lorsque cette vertu cesse, l'ambition entre dans les coeurs qui peuvent la
    recevoir, et l'avarice entre dans tous. Les désirs changent d'objets : ce
    qu'on aimait, on ne l'aime plus ; on était libre avec les lois, on veut être
    libre contre elles ; chaque citoyen est comme un esclave échappé de la
    maison de son maître ; ce qui était maxime, on l'appelle rigueur ; ce qui
    était règle, on l'appelle gêne ; ce qui était attention, on l'appelle crainte.
    C'est la frugalité qui y est l'avarice, et non pas le désir d'avoir. Autrefois le
    bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public
    devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et
    sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de
    tous.
    (Montesquieu, Des principes des trois gouvernements, chapitre 3, Du principe de la démocratie)