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Commentaire composé Extrait sur la beauté (Autoportrait) de “Histoire de ma vie

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George Sand Histoire de ma vie
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Autoportrait / extrait sur la beauté\" de Sand (extrait de \"Histoire de ma vie\"). Cette analyse de l'autoportrait de Sand a été rédigé par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Histoire de ma vie”

    Sand est le nom du premier mari de George Sand, à savoir Sandeau. Elle prend un nom masculin pour revendiquer les mêmes droits que ceux des hommes. Sand commence à écrire ses Mémoires en 1847 mais ce projet date de 1836. Elle les termine en 1855. Ce n'est pas une autobiographie véritable car elle va projeter sur ce qu'elle écrit ses sentiments présents. De plus, les dates et lieux ne sont pas très bien respectés. C'est plutôt le roman d'une vie où elle raconte ce qu'elle veut. Elle rejette l'éducation idiote qu'on impose aux filles d'origine bourgeoise.

    Texte étudié: Sand : Histoire de ma vie : Extrait sur la beauté (Autoportrait)

    J'étais fortement constituée, et, durant toute mon enfance,
    j'annonçais devoir être fort belle, promesse que je n'ai point
    tenue. Il y eut peut-être de ma faute, car à l'âge où la beauté
    fleurit, je passais déjà les nuits à lire et à écrire. Etant fille de
    deux êtres d'une beauté parfaite, j'aurais dû ne pas
    dégénérer, et ma pauvre mère, qui estimait la beauté plus
    que tout, m'en faisait souvent de naïfs reproches.
    Pour moi, je ne pus jamais m'astreindre à soigner ma
    personne. Autant j'aime l'extrême propreté, autant les
    recherches de la mollesse m'ont toujours paru
    insupportables.
    Se priver de travail pour avoir l'oeil frais, ne pas courir au
    soleil quand ce bon soleil de Dieu vous attire
    irrésistiblement, ne point marcher dans de bons gros sabots
    de peur de se déformer le cou-de-pied, porter des gants,
    c'est-à-dire renoncer à l'adresse et à la force de ses mains,
    se condamner à une éternelle gaucherie, à une éternelle
    débilité, ne jamais se fatiguer quand tout nous commande de
    ne point nous épargner, vivre enfin sous une cloche pour
    n'être ni hâlée, ni gercée, ni flétrie avant l'âge, voilà ce qu'il
    me fut toujours impossible d'observer. Ma grand'mère
    renchérissait encore sur les réprimandes de ma mère, et le
    chapitre des chapeaux et des gants fit le désespoir de mon
    enfance ; mais, quoique je ne fusse pas volontairement
    rebelle, la contrainte ne put m'atteindre. Je n'eus qu'un
    instant de fraîcheur et jamais de beauté. Mes traits étaient
    cependant assez bien formés, mais je ne songeai jamais à
    leur donner la moindre expression.
    L'habitude contractée, presque dès le berceau, d'une
    rêverie dont il me serait impossible de me rendre compte à
    moi-même, me donna de bonne heure l'air bête. Je dis le
    mot tout net, parce que toute ma vie, dans l'enfance, au
    couvent, dans l'intimité de la famille, on me l'a dit de même,
    et qu'il faut bien que cela soit vrai.
    Somme toute, avec des cheveux, des yeux, des dents et
    aucune difformité, je ne fus ni laide ni belle dans ma
    jeunesse, avantage que je considère comme sérieux à mon
    point de vue, car la laideur inspire des préventions dans un
    sens, la beauté dans un autre. On attend trop d'un extérieur
    brillant, on se méfie trop d'un extérieur qui repousse. Il vaut
    mieux avoir une bonne figure qui n'éblouit et n'effraye
    personne, et je m'en suis bien trouvée avec mes amis des deux sexes. (Sand, Histoire de ma vie, Extrait sur la beauté, Autoportrait)