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Commentaire composé Les lectures d'Emma et La naissance du bovarisme de “Madame Bovary

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Gustave Flaubert Madame Bovary
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur La naissance du Bovarisme (Les lectures d'Emma) . Cette analyse sur la naissance du Bovarisme dans Madame Bovary de Flaubert a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Madame Bovary”

    Le passage étudié traite des lectures d'Emma, il se situe dans la première partie du roman. Charles a déjà été introduit et a épousé Emma. Flaubert fait un retour en arrière sur l'éducation d'Emma au couvent. Il s'agit donc de ses lectures.

    Extrait étudié : Madame Bovary de Flaubert : Les lectures d'Emma ou la naissance du bovarisme

    Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant
    huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme
    appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la
    Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et
    faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de
    remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de
    l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du
    siècle passé, qu'elle chantait à demi voix, tout en poussant son aiguille.
    Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville
    vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman
    qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
    demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de
    sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées
    s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous
    les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres,
    troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au
    clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs bravres comme
    des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas,
    toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à
    quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux
    cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses
    historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait
    voulu vivre dans quelque vieux manoir, connue ces châtelaines au long
    corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude
    sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la
    campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir.