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Commentaire composé La guerre des chats de “Les Caractères

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Jean de La Bruyère Les Caractères
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur La guerre des chats de La Bruyère (\"Les Caractères\"). Cette analyse sur La guerre des chats de La Bruyère a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Caractères”

    Tout au long du texte, La Bruyère compare les hommes à des animaux. Il commence tout d'abord par les comparer à deux chiens qui se battent : \"chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent et se déchirent\" : gradation.

    Texte étudié : La Bruyère, \"Les Caractères\", XII, \"Des jugements\" \"La guerre des chats\"

    L'homme est un animal raisonnable. Qui vous a passé cette définition ?
    sont-ce les loups, les singes et les lions, ou si vous vous l'êtes accordée à
    vous-mêmes ? C'est déjà une chose plaisante que vous donniez aux
    animaux, vos confrères, ce qu'il y a de pire, pour prendre pour vous ce
    qu'il y a de meilleur. Laissez-les un peu se définir eux-mêmes, et vous
    verrez comme ils s'oublieront et comme vous serez traités. Je ne parle
    point, ô hommes, de vos légèretés, de vos folies et de vos caprices, qui
    vous mettent au-dessous de la taupe et de la tortue, qui vont sagement
    leur petit train, et qui suivent sans varier l'instinct de leur nature ; mais
    écoutez-moi un moment. Vous dites d'un tiercelet de faucon qui est fort
    léger, et qui fait une belle descente sur la perdrix : \"Voilà un bon oiseau\";
    et d'un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : \"C'est un bon lévrier.\" Je
    consens aussi que vous disiez d'un homme qui court le sanglier, qui le met
    aux abois, qui l'atteint et qui le perce : \"Voilà un brave homme. \"Mais si
    vous voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent et
    se déchirent, vous dites : \"Voilà de sots animaux\" ; et vous prenez un
    bâton pour les séparer. Que si l'on vous disait que tous les chats d'un
    grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine, et qu'après
    avoir miaulé tout leur soûl, ils se sont jetés avec fureur les uns sur les
    autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe ; que de cette
    mêlée il est demeuré de part et d'autre neuf à dix mille chats sur la place,
    qui ont infecté l'air à dix lieues de là par leur puanteur, ne diriez-vous pas
    : \"Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler ? \" Et si
    les loups en faisaient de même : \"Quels hurlements ! quelle boucherie ! \"
    Et si les uns ou les autres vous disaient qu'ils aiment la gloire, concluriezvous
    de ce discours qu'ils la mettent à se trouver à ce beau rendez-vous,
    à détruire ainsi et à anéantir leur propre espèce ? ou après l'avoir conclu,
    ne ririez-vous pas de tout votre coeur de l'ingénuité de ces pauvres
    bêtes ? Vous avez déjà, en animaux raisonnables, et pour vous, distinguer
    de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles, imaginé
    les lances, les piques, les dards, les sabres et les cimeterres, et à mon gré
    fort judicieusement; car avec vos seules mains que vous pouviez-vous
    vous faire les uns aux autres, que vous arracher les cheveux, vous
    égratigner au visage, ou tout au plus vous arracher les yeux de la tête ?
    au lieu que vous voilà munis d'instruments commodes, qui vous servent à
    vous faire réciproquement de larges plaies d'où peut couler votre sang
    jusqu'à la dernière goutte, sans que vous puissiez craindre d'en échapper.
    Mais comme vous devenez d'année à autre plus raisonnables, vous avez
    bien enchéri sur cette vieille manière de vous exterminer: vous avez de
    petits globes qui vous tuent tout d'un coup, s'ils peuvent seulement vous
    atteindre à la tête ou à la poitrine ; vous en avez d'autres, plus pesants et
    plus massifs, qui vous coupent en deux parts ou qui vous éventrent, sans
    compter ceux qui tombant sur vos toits, enfoncent les planchers, vont du
    grenier à la cave, en enlèvent les voûtes, et font sauter en l'air, avec vos
    maisons, vos femmes qui sont en couche, l'enfant et la nourrice : et c'est
    là encore où gît la gloire ; elle aime le remue-ménage, et elle est
    personne d'un grand fracas.
    (La Bruyère, \"Les Caractères\", XII, \"Des jugements\", \"La guerre des chats\")