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Commentaire composé Scène I de “Huis Clos

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Jean-Paul Sartre Huis Clos
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur la scène 1 de Huis clos de Sartre. Cette analyse sur la scène I de Huis Clos de Sartre a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Huis Clos”

    Jean-Paul Sartre nous décrit ici « son Enfer » avec brio : « l'Enfer, c'est les autres ». Les trois protagonistes se débattent sans cesse pour échapper à leurs situations mais l'Enfer finit par reprendre le dessus. Cette pièce de théâtre est en un acte composé de cinq scènes, dont la dernière est hypertrophiée. Le passage que nous allons étudier constitue la scène d'exposition de la pièce, situant le lieu et l'un des personnages mais entretenant le mystère. En effet, dans la scène 1, un « garçon d'étage » introduit Garcin dans un salon de style Second Empire, d'où il ne pourra plus jamais sortir. Garcin s'étonne : l'enfer ne ressemble en rien à l'idée qu'il s'en faisait de son vivant.

    Texte étudié : Sartre, Huis Clos, Scène I

    GARCIN, LE GARÇON D'ÉTAGE
    GARCIN, redevenant sérieux tout à coup.
    Où sont les pals ?
    LE GARÇON
    Quoi ?
    GARCIN
    Les pals, les grils, les entonnoirs de cuir.
    LE GARÇON
    Vous voulez rire ?
    GARCIN, le regardant.
    Ah ? Ah bon. Non, je ne voulais pas rire. (Un silence. Il se promène.) Pas de
    glaces, pas de fenêtres, naturellement. Rien de fragile. (Avec une violence
    subite) Et pourquoi m'a-t-on ôté ma brosse à dents ?
    LE GARÇON
    Et voilà. Voilà la dignité humaine qui vous revient. C'est formidable.
    GARCIN, frappant sur le bras du fauteuil avec colère.
    Je vous prie de m'épargner vos familiarités. Je n'ignore rien de ma position, mais
    je ne supporterai pas que vous...
    LE GARÇON
    Là ! là ! Excusez-moi. Qu'est-ce que vous voulez, tous les clients posent la même
    question. Ils s'amènent : - « Où sont les pals ? » A ce moment-là, je vous jure
    qu'ils ne songent pas à faire leur toilette. Et puis, dès qu'on les a rassurés, voilà
    la brosse à dents. Mais, pour l'amour de Dieu, est-ce que vous ne pouvez pas
    réfléchir ? Car enfin, je vous le demande, pourquoi vous brosseriez-vous les
    dents ?
    GARCIN, calmé.
    Oui, en effet, pourquoi ? (Il regarde autour de lui.) Et pourquoi se regarderait-on
    dans les glaces ? Tandis que le bronze, à la bonne heure... J'imagine qu'il y a de
    certains moments où je regarderai de tous mes yeux. De tous mes yeux, hein ?
    Allons, allons, il n'y a rien à cacher; je vous dis que je n'ignore rien de ma
    position. Voulez-vous que je vous raconte comment cela se passe ? Le type
    suffoque, il s'enfonce, il se noie, seul son regard est hors de l'eau et qu'est-ce
    qu'il voit ? Un bronze de Barbedienne. Quel cauchemar ! Allons, on vous a sans
    doute défendu de me répondre, je n'insiste pas. Mais rappelez-vous qu'on ne me
    prend pas au dépourvu, ne venez pas vous vanter de m'avoir surpris ; je regarde
    la situation en face. (Il reprend sa marche.) Donc, pas de brosse à dents. Pas de
    lit non plus. Car on ne dort jamais, bien entendu ?
    LE GARÇON
    Dame !
    GARCIN
    Je l'aurais parié. Pourquoi dormirait-on ? Le sommeil vous prend derrière les
    oreilles. Vous sentez vos yeux qui se ferment, mais pourquoi dormir ? Vous vous
    allongez sur le canapé et pffft... le sommeil s'envole. Il faut se frotter les yeux,
    se relever et tout recommence.
    LE GARÇON
    Que vous êtes romanesque !
    GARCIN
    Taisez-vous. Je ne crierai pas, je ne gémirai pas, mais je veux regarder la
    situation en face. Je ne veux pas qu'elle saute sur moi par-derrière, sans que
    j'aie pu la reconnaître. Romanesque ? Alors c'est qu'on n'a même pas besoin de
    sommeil ? Pourquoi dormir si on n'a pas sommeil ? Parfait. Attendez... Attendez :
    pourquoi est-ce pénible ? Pourquoi est-ce forcément pénible ? J'y suis : c'est la
    vie sans coupure.
    LE GARÇON
    Quelle coupure ?
    GARCIN, l'imitant.
    Quelle coupure ? (Soupçonneux.) Regardez-moi. J'en étais sûr ! Voilà ce qui
    explique l'indiscrétion grossière et insoutenable de votre regard. Ma parole, elles
    sont atrophiées.
    (Sartre, Huis Clos, Scène I)