Offrez-vous une analyse en moins de 2 minutes.

2500 résumés et analyses de livre rédigés par des pros.    Découvrez nos abonnements

Commentaire composé L'absence de reconnaissance du jeune Sartre de “Les mots

Encore 5 téléchargements disponibles ce mois-ci Télécharger l'analyse (.doc)
Jean-Paul Sartre Les mots
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"L'absence de reconnaissance du jeune Sartre par les autres\", extrait du livre \"Les mots\" de Sartre. Cette analyse sur \"L'absence de reconnaissance du jeune Sartre par les autres\" a été rédigé par un professeur de français.

    • 5 pages de commentaire composé
    • format .pdf
    • style abordable & grand public
  • Télécharger le commentaire maintenant!

  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les mots”

    Dans \"Les Mots\" en 1963, Sartre tente de répondre à la question \"Comment suis-je devenu écrivain ?\". Le projet de Sartre est donc de faire le point sur la relation qu'il entretient avec son oeuvre sur \"la névrose qui l'a à la fois permise et dominée\" (névrose = état malheureux sans savoir vraiment pourquoi, il manque quelque chose pour être heureux). De plus il a un sentiment de contingence (d'être en trop). Il a l'impression que cette névrose l'a poussé à être un grand écrivain. En effet, pour faire face à ce sentiment, à cette angoisse existentielle, il décide de devenir écrivain. Il tente donc dans ce livre de se délivrer de cette névrose par une expérience littéraire. Cette autobiographie lui permet de se désolidariser de son enfance. Ce texte se présente comme une démonstration et l'adulte philosophe raconte avec autodérision comment se fabrique un écrivain. L'oeuvre autobiographique vise donc ici à montrer la construction d'une image de soi, d'un projet. Nous sommes dans le cadre de la biographie, et plus particulièrement de l'autobiographie dans lequel on se propose d'étudier la représentation de l'enfance. Le texte étudié parodique et ironique, se passe avec sa mère, et est une expérience réitérée mais toujours vaine, nous permettant d'analyser le malaise de l'enfant.

    Texte étudié: Sartre, Les mots, L'absence de reconnaissance du jeune Sartre par les autres

    Il y avait une autre vérité. Sur les terrasses du
    Luxembourg, des enfants jouaient, je m'approchais
    d'eux, ils me frôlaient sans me voir, je les regardais avec
    des yeux de pauvre: comme ils étaient forts et rapides!
    comme ils étaient beaux! Devant ces héros de chair et
    d'os, je perdais mon intelligence prodigieuse, mon
    savoir universel, ma musculature athlétique, mon
    adresse spadassine; je m'accotais à un arbre, j'attendais.
    Sur un mot du chef de la bande, brutalement jeté: «
    Avance, Pardaillan, c'est toi qui feras le prisonnier »,
    j'aurais abandonné mes privilèges. Même un rôle muet
    m'eût comblé; j'aurais accepté dans l'enthousiasme de
    faire un blessé sur une civière, un mort. L'occasion ne
    m'en fut pas donnée: j'avais rencontré mes vrais juges,
    mes contemporains, mes pairs, et leur indifférence me
    condamnait. Je n'en revenais pas de me découvrir par
    eux: ni merveille ni méduse, un gringalet qui
    n'intéressait personne. Ma mère cachait mal son
    indignation: cette grande et belle femme s'arrangeait fort
    bien de ma courte taille, elle n'y voyait rien que de
    naturel: les Schweitzer sont grands et les Sartre petits, je
    tenais de mon père, voilà tout. Elle aimait que je fusse, à
    huit ans, resté portatif et d'un maniement aisé: mon
    format réduit passait à ses yeux pour un premier âge
    prolongé. Mais, voyant que nul ne m'invitait à jouer, elle
    poussait l'amour jusqu'à deviner que je risquais de me
    prendre pour un nain - ce que je ne suis pas tout à fait
    - et d'en souffrir. Pour me sauver du désespoir elle
    feignait l'impatience: « Qu'est-ce que tu attends, gros
    benêt? Demande-leur s'ils veulent jouer avec toi. » Je
    secouais la tête: j'aurais accepté les besognes les plus
    basses» je mettais mon orgueil à ne pas les solliciter.
    Elle désignait des dames qui tricotaient sur des fauteuils
    de fer: « Veux-tu que je parle à leurs mamans? » Je la
    suppliais de n'en rien faire; elle prenait ma main, nous
    repartions, nous allions d'arbre en arbre et de groupe en
    groupe, toujours implorants, toujours exclus. Au
    crépuscule, je retrouvais mon perchoir, les hauts lieux
    où soufflait l'esprit, mes songes: je me vengeais de mes
    déconvenues par six mots d'enfant et le massacre de
    cent reîtres. N'importe: ça ne tournait pas rond.
    Je fus sauvé par mon grand-père: il me jeta sans le
    vouloir dans une imposture nouvelle qui changea ma
    vie.
    (Sartre, Les mots, L'absence de reconnaissance du jeune Sartre par les autres)