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Commentaire composé Acte IV, scène 6 (Jalousie et culpabilité de Phèdre) de “Phèdre

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Jean Racine Phèdre
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte IV scène 6 de Phèdre de Racine. Cette analyse sur l'acte IV, scène 6 de Phèdre de Racine a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “Phèdre”

    Phèdre, tragédie classique en 5 actes et en vers, est présentée par Jean Racine (1639-1699) pour la première fois le 1er janvier 1677.

    Phèdre est mariée à Thésée, mais elle aime le fils de ce dernier, Hippolyte. Lors de l'Acte II, la mort de Thésée est annoncée à tort. Mais Phèdre, qui se croit veuve désormais, en profite pour avouer son amour à son beau-fils. L'Acte IV, dont est extrait le texte étudié, nous montre Phèdre apprenant qu'Hippolyte aime Aricie.

    Texte étudié de l'Acte IV scène 6, de Phèdre (Racine) :

    Phèdre
    Hippolyte aime, et je n'en puis douter.
    Ce farouche ennemi qu'on ne pouvait dompter,
    Qu'offensait le respect, qu'importunait la plainte,
    Ce tigre, que jamais je n'abordai sans crainte,
    Soumis, apprivoisé, reconnaît un vainqueur ;
    Aricie a trouvé le chemin de son coeur.
    Oenone
    Aricie ?
    Phèdre
    Ah ! douleur non encore éprouvée !
    A quel nouveau tourment je me suis réservée !
    Tout ce que j'ai souffert, mes craintes, mes transports,
    La fureur de mes feux, l'horreur de mes remords,
    Et d'un cruel refus l'insupportable injure,
    N'était qu'un faible essai du tourment que j'endure.
    Ils s'aiment ! Par quel charme ont-ils trompé mes yeux ?
    Comment se sont-ils vus ? depuis quand ? dans quels lieux ?
    Tu le savais. Pourquoi me laissais-tu séduire ?
    De leur furtive ardeur ne pouvais-tu m'instruire ?
    Les a-t-on vus souvent se parler, se chercher ?
    Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher ?
    Hélas ! ils se voyaient avec pleine licence
    Le ciel de leurs soupirs approuvait l'innocence ;
    Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux ;
    Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux.
    Et moi, triste rebut de la nature entière,
    Je me cachais au jour, je fuyais la lumière.
    La mort est le seul dieu que j'osais implorer.
    J'attendais le moment où j'allais expirer ;
    Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée,
    Encor dans mon malheur de trop près observée,
    Je n'osais dans mes pleurs me noyer à loisir.
    Je goûtais en tremblant ce funeste plaisir,
    Et sous un front serein déguisant mes alarmes,
    Il fallait bien souvent me priver de mes larmes.
    Oenone
    Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours ?
    Ils ne se verront plus.
    Phèdre
    Ils s'aimeront toujours !
    Au moment que je parle, ah ! mortelle pensée !
    Ils bravent la fureur d'une amante insensée.
    Malgré ce même exil qui va les écarter,
    Ils font mille serments de ne se point quitter.
    Non, je ne puis souffrir un bonheur qui m'outrage,
    Oenone ; prends pitié de ma jalouse rage ;
    Il faut perdre Aricie, il faut de mon époux
    Contre un sang odieux réveiller le courroux.
    Qu'il ne se borne pas à des peines légères :
    Le crime de la soeur passe celui des frères.
    Dans mes jaloux transports je le veux implorer.
    Que fais-je ? Où ma raison se va-t-elle égarer ?
    Moi jalouse ! Et Thésée est celui que j'implore !
    Mon époux est vivant, et moi je brûle encore !
    Pour qui ? Quel est le coeur où prétendent mes voeux ?
    Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux.
    Mes crimes désormais ont comblé la mesure.
    Je respire à la fois l'inceste et l'imposture ;
    Mes homicides mains, promptes à me venger
    Dans le sang innocent brûlent de se plonger.
    Misérable ! et je vis ? et je soutiens la vue
    De ce sacré soleil dont je suis descendue ?
    J'ai pour aïeul le père et le maître des dieux ;
    Le ciel, tout l'univers est plein de mes aïeux ;
    Où me cacher ? Fuyons dans la nuit infernale.
    Mais que dis-je ? Mon père y tient l'urne fatale ;
    Le sort, dit-on, l'a mise en ses sévères mains :
    Minos juge aux enfers tous les pâles humains.
    Ah ! combien frémira son ombre épouvantée,
    Lorsqu'il verra sa fille à ses yeux présentée,
    Contrainte d'avouer tant de forfaits divers,
    Et des crimes peut-être inconnus aux enfers !
    Que diras-tu, mon père, à ce spectacle horrible ?
    Je crois voir de ta main tomber l'urne terrible,
    Je crois te voir, cherchant un supplice nouveau,
    Toi-même, de ton sang devenir le bourreau.
    Pardonne ! Un dieu cruel a perdu ta famille :
    Reconnais sa vengeance aux fureurs de ta fille.
    Hélas ! du crime affreux dont la honte me suit,
    Jamais mon triste coeur n'a recueilli le fruit ;
    Jusqu'au dernier soupir de malheurs poursuivie,
    Je rends dans les tourments une pénible vie.