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Commentaire composé Témoignage vécu de “L'Ecriture ou la vie

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Jorge Semprun L'Ecriture ou la vie
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Témoignage vécu de Jorge Semprun, extrait de l'écriture ou la vie. Notre analyse sur Témoignage vécu de Jorge Semprun a été rédigée par un professeur de français.

     

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'Ecriture ou la vie”

    Jorge Semprun est né en 1923 à Madrid. En 1937, pendant la guerre d'Espagne, sa famille s'exile en France. Il fut arrêté en France par la Gestapo comme résistant communiste et déporté à Buchenwald de janvier 1944 à la libération du camp en avril 1945. L'écriture ou la vie a été écrit en 1994 et grâce à cette oeuvre, Semprun a reçu le Prix Littéraire des Droits de l'Homme en 1995.

    Dans cette oeuvre il ne cherche pas à raconter mais à témoigner comment écrire. C'est pourquoi dans un premier temps nous étudierons le témoignage vécu puis, dans un second temps, les doutes sur la possibilité d'écrire émis par l'auteur.

    Texte étudié : Témoignage vécu : L'écriture ou la vie de Jorge Semprun

    Il y aura des survivants, certes. Moi, par exemple. Me voici survivant de service, opportunément apparu devant ces trois officiers d'une mission alliée pour leur raconter la fumée du crématoire, la chair brûlée sur l'Ettersberg, les appels sous la neige, les corvées meurtrières, l'épuisement de la vie, l'espoir inépuisable, la sauvagerie de l'animal humain, la grandeur de l'homme, la nudité fraternelle et dévastée du regard des copains.
    Mais peut-on raconter ? Le pourra-t-on ?
    Le doute me vient dès ce premier instant.
    Nous sommes le 12 avril 1945, le lendemain de la libération de Buchenwald. L'histoire est fraîche, en somme. Nul besoin d'un effort de mémoire particulier. Nul besoin non plus d'une documentation digne de foi, vérifiée. C'est encore au présent, la mort. Ça se passe sous nos yeux, il suffit de regarder. Ils continuent de mourir par centaines, les affamés du Petit Camp, les Juifs rescapés d'Auschwitz.
    Il n'y a qu'à se laisser aller. La réalité est là, disponible. La parole aussi.
    Pourtant un doute me vient sur la possibilité de raconter. Non pas que l'expérience vécue soit indicible. Elle a été invivable, ce qui est tout autre chose, on le comprendra aisément. Autre chose qui ne concerne pas la forme d'un récit possible, mais sa substance. Non pas son articulation, mais sa densité. Ne parviendront à cette substance, à cette densité transparente que ceux qui sauront faire de leur témoignage un objet artistique, un espace de création. Ou de recréation. Seul l'artifice d'un récit maîtrisé parviendra à transmettre partiellement la vérité du témoignage. Mais ceci n'a rien d'exceptionnel : il en arrive ainsi de toutes les grandes expériences historiques.