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Commentaire composé Un avortement clandestin de “Voyage au bout de la nuit

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Louis - Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur 'Un avortement clandestin', extrait de 'Voyage au bout de la nuit' de Céline. Cette analyse sur « Un avortement clandestin » de Céline a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Voyage au bout de la nuit”

    De retour d'Amérique où il a pu constater la puissance du dieu Dollar et expérimenter les duretés du travail à la chaîne, Bardamu rentre en Europe. Il s'installe comme médecin à La Garenne-Rancy et soigne les petites gens, encore plus pauvres que lui. Ces pages racontent le long enlisement dans la tristesse de la banlieue et de la maladie.

    Bardamu exerce dans cet épisode sa fonction de médecin des pauvres de banlieue. Après un avortement clandestin, une jeune fille meurt d'une hémorragie et le médecin reste impuissant, passif et résigné. Le pessimisme de Céline se mue en cruauté, cette scène dramatique est traitée sur le ton de l'ironie tragique.

    Texte étudié : Voyage au bout de la nuit (Céline) : « Un avortement clandestin »

    Chez eux que c'était un peu plus gai c'était un peu plus gai que chez
    les Henrouille (1) aussi laid mais plus inconfortable. Il y faisait bon. Pas
    sinistre comme là-bas, seulement vilain, tranquillement.
    Ahuri de fatigue mes regards erraient sur les choses de la chambre.
    Petites affaires sans valeur qu'on avait toujours possédées dans la famille,
    surtout le dessus de cheminée à grelots roses en velours comme on en
    trouve plus dans les magasins et ce Napolitain biscuité (2), et la table à
    ouvrage en miroir en biseau qu'une tante de province devait posséder en
    double. Je n'avertis point la mère sur la mare de sang que je voyais se
    former sous le lit ni les gouttes qui tombaient toujours ponctuellement, la
    mère aurait écrit encore plus fort et les aurait pas écouté davantage. Elle
    ne finirait jamais de se plaindre et de s'indigner. Elle était vouée.
    Autant se taire et regarder dehors, par la fenêtre, le velours (3) gris
    du soir prendre déjà l'avenue d'en face, maison par maison, d'abord les
    plus petites puis les autres, les grandes enfin sont prises et puis les gens
    qui s'agitent parmi (4) de plus en plus faibles, évoques et troubles,
    hésitants d'un trottoir à l'autre avant d'aller verser dans le noir.
    Plus loin, bien plus loin que les fortifications (5) des files et des
    rangées de lumignons (6) dispersés sur tout le large de l'ombre comme
    des clous, pour tendre l'oubli sur la ville et d'autres petites lumières
    encore qui scintillent parmi de vertes, qui clignent, des rouges, toujours
    des bateaux et des bateaux encore, toute une escadre venue là de
    partout pour attendre, tremblante, que s'ouvre derrière la Tour les
    grandes portes de la Nuit.
    Si cette mère avait pris un petit temps pour souffler, et même un
    grand moment de silence, on aurait pu au moins se laisser aller à
    renoncer à tout, à essayer d'oublier qu'il fallait vivre. Mais elle me
    traquait.
    - Si je lui donnais un lavement Docteur ? Qu'en pensez-vous ? Je ne
    réponds ni par oui ni par non, mais je conseillai une fois de plus, puisque
    j'avais la parole, l'envoi immédiat à l'hôpital. D'autres glapissements,
    encore plus aigus, plus déterminés, plus stridents en réponse. Rien à faire.
    Je me dirigeai lentement vers la porte, en douceur.
    L'ombre nous séparait à présent du lit
    Je ne discernais presque plus les mains de la fille posées sur les
    draps, à cause de la pâleur semblable.
    Je revins pour sentir son pouls, plus menu, plus furtif que tout à
    l'heure. Elle ne respirait que par à-coups. J'entendais bien, moi, toujours,
    le sens tomber sur le parquet comme à petits coups d'une montre de plus
    en plus lente, de plus en plus faible. Rien à faire. La mère ne précédait
    vers la porte.
    Surtout au ne recommanda-t-elle, transie (7), Docteur, promettezmoi
    que vous ne direz rien à personne ? Elle me suppliait ? - Vous me le
    jurez ?
    Je promettais tout ce qu'on voulait. Je tendis la main. Ce fut 20
    francs. Elle referma la porte derrière moi, peu à peu.
    Céline, Voyage au bout de la nuit (1932), Un avortement clandestin