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Commentaire composé Acte I, scène 1 (Tirade d'Alceste sur le genre humain) de “Le Misanthrope

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Molière Le Misanthrope
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte I, scène 1 du Misanthrope de Molière. Cette analyse sur l'acte I, scène 1 du Misanthrope a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “Le Misanthrope”

    \"Le Misanthrope\" est une pièce de Molière écrite en 1666. Elle met en scène un personnage excessif : Alceste, qui déteste ses semblables et ne leur pardonne rien (misanthrope a une racine grecque : \"mis\" qui signifie haïr, et \"anthrope\", homme). Il lui oppose Philinte, son ami, qui lui est mesuré et sage, c'est un \"honnête homme\".

    Nous étudierons d'abord les trois étapes de la tirade d'Alceste puis nous approfondirons l'étude de celle-ci, et enfin nous analyserons le personnage de Philinte.

    Texte étudié: Molière : Le misanthrope : acte I Scène 1 : Vers 119 A 166

    Alceste
    Non : elle est générale, et je hais tous les hommes :
    Les uns, parce qu'ils sont méchants et malfaisants,
    Et les autres, pour être aux méchants complaisants,
    Et n'avoir pas pour eux ces haines vigoureuses
    Que doit donner le vice aux âmes vertueuses.
    De cette complaisance on voit l'injuste excès
    Pour le franc scélérat avec qui j'ai procès :
    Au travers de son masque on voit à plein le traître ;
    Partout il est connu pour tout ce qu'il peut être ;
    Et ses roulements d'yeux et son ton radouci
    N'imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici.
    On sait que ce pied plat, digne qu'on le confonde,
    Par de sales emplois s'est poussé dans le monde,
    Et que par eux son sort de splendeur revêtu
    Fait gronder le mérite et rougir la vertu.
    Quelques titres honteux qu'en tous lieux on lui donne,
    Son misérable honneur ne voit pour lui personne ;
    Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit,
    Tout le monde en convient, et nul n'y contredit.
    Cependant sa grimace est partout bienvenue :
    On l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue ;
    Et s'il est, par la brigue, un rang à disputer,
    Sur le plus honnête homme on le voit l'emporter.
    Têtebleu ! ce me sont de mortelles blessures,
    De voir qu'avec le vice on garde des mesures ;
    Et parfois il me prend des mouvements soudains
    De fuir dans un désert l'approche des humains.

    Philinte
    Mon Dieu, des moeurs du temps mettons-nous, moins en peine,
    Et faisons un peu grâce à la nature humaine ;
    Ne l'examinons point dans la grande rigueur,
    Et voyons ses défauts avec quelque douceur.
    Il faut, parmi le monde, une vertu traitable ;
    A force de sagesse, on peut être blâmable ;
    La parfaite raison fuit toute extrémité,
    Et veut que l'on soit sage avec sobriété.
    Cette grande roideur des vertus des vieux âges
    Heurte trop notre siècle et les communs usages ;
    Elle veut aux mortels trop de perfection :
    Il faut fléchir au temps sans obstination ;
    Et c'est une folie à nulle autre seconde
    De vouloir se mêler de corriger le monde.
    J'observe, comme vous, cent choses tous les jours,
    Qui pourroient mieux aller, prenant un autre cours ;
    Mais quoi qu'à chaque pas je puisse voir paroître,
    En courroux, comme vous, on ne me voit point être ;
    Je prends tout doucement les hommes comme ils sont,
    J'accoutume mon âme à souffrir ce qu'ils font ;
    Et je crois qu'à la cour, de même qu'à la ville,
    Mon flegme est philosophe autant que votre bile.
    (Molière : Le misantrope : acte I Scène 1 : Vers 119 A 166)