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Commentaire composé La descente du train de “Si c'est un homme

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Primo Lévi Si c'est un homme
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"La descente du train\" de Primo Lévi (extrait de Si c'est un homme). Cette analyse sur La descente du train dans Si c'est un homme de Primo Lévi a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Si c'est un homme”

    Le passage étudié est la descente du train des déportés et leur tri par les SS. Lévi s'est demandé comment raconter l'histoire des camps, et pour rendre le récit aussi précis que possible, il a choisi de rester objectif et de décrire les faits tels qu'il les voyait.

    Texte étudié : \"La descente du train\" (de Primo Lévi)

    Et brusquement ce fut le dénouement. La portière s'ouvrit avec fracas ;
    l'obscurité retentit d'ordres hurlés dans une langue étrangère, et de ces
    aboiements barbares naturels aux Allemands quand ils commandent, et
    qui semblent libérer une hargne séculaire. Nous découvrîmes un large
    quai, éclairé par des projecteurs. Un peu plus loin, une file de camions.
    Puis tout se tut à nouveau. Quelqu'un traduisit les ordres : il fallait
    descendre avec les bagages et les déposer le long du train. En un instant,
    le quai fourmillait d'ombres ; mais nous avions peur de rompre le silence,
    et tous s'affairaient autour des bagages, se cherchaient, s'interpellaient,
    mais timidement, à mi-voix.
    Une dizaine de SS, plantés sur leurs jambes écartées, se tenaient à
    distance, l'air indifférent. À un moment donné, ils s'approchèrent, et sans
    élever la voix, le visage impassible, ils se mirent à interroger certains
    d'entre nous en les prenant à part, rapidement : « Quel âge ? En bonne
    santé ou malade ? » et selon la réponse, ils nous indiquaient deux
    directions différentes.
    Tout baignait dans un silence d'aquarium, de scène vue en rêve. Là où
    nous nous attendions à quelque chose de terrible, d'apocalyptique, nous
    trouvions, apparemment, de simples agents de police. C'était à la fois
    déconcertant et désarmant. Quelqu'un osa s'inquiéter des bagages : ils lui
    dirent: « bagages, après » ; un autre ne voulait pas quitter sa femme : ils
    lui dirent « après, de nouveau ensemble » ; beaucoup de mères refusaient
    de se séparer de leurs enfants : ils leur dirent « bon, bon, rester avec
    enfants ». Sans jamais se départir de la tranquille assurance de qui ne fait
    qu'accomplir son travail de tous les jours ; mais comme Renzo s'attardait
    un peu trop à dire adieu à Francesca, sa fiancée, d'un seul coup en pleine
    figure ils l'envoyèrent rouler à terre : c'était leur travail de tous les jours.
    En moins de dix minutes, je me trouvai faire partie du groupe des
    hommes valides. Ce qu'il advint des autres, femmes, enfants, vieillards, il
    nous fut impossible alors de le savoir : la nuit les engloutit, purement et
    simplement. Aujourd'hui pourtant, nous savons que ce tri rapide et
    sommaire avait servi à juger si nous étions capables ou non de travailler
    utilement pour le Reich ; nous savons que les camps de Buna-Monowitz et
    de Birkenau n'accueillirent respectivement que quatre-vingt-seize hommes
    et vingt-neuf femmes de notre convoi et que deux jours plus tard il ne
    restait de tous les autres - plus de cinq cents - aucun survivant. Nous
    savons aussi que même ce semblant de critère dans la discrimination
    entre ceux qui étaient reconnus aptes et ceux qui ne l'étaient pas ne fut
    pas toujours appliqué, et qu'un système plus expéditif fut adopté par la
    suite : on ouvrait les portières des wagons des deux côtés en même
    temps, sans avertir les nouveaux venus ni leur dire ce qu'il fallait faire.
    Ceux que le hasard faisait descendre du bon côté entraient dans le camp ;
    les autres finissaient à la chambre à gaz.
    (Primo Levi, Si c'est un homme, La descente du train)