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Commentaire composé Le jugement de “Les Tragiques

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Théodore Agrippa d' Aubigné Les Tragiques
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Le jugement d'Agrippa d'Aubigné (Les Tragiques). Cette analyse du Jugement d'Aubigné a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Tragiques”

    Agrippa d'Aubigné (1552-1630) est un poète et écrivain français dit « baroque » et qui s'inscrit dans le courant humaniste du 16e siècle.

    Il nous livre ici une évocation imagée et violente des guerres de religion, vues du côté protestant. Le message de ce texte épique et tragique peut s'énoncer ainsi : aucun bourreau, aucun fratricide ne pourra échapper au jugement dernier parce qu'il trouvera partout face à lui la nature dont il a détruit la valeur et les fonctions en faisant d'elle le cadre de la destruction de ses semblables. En lui demandant des comptes, cette nature se substitue à la divinité. Possible question d'oral : comment les modalités de parole choisies permettent-elles au poète de dénoncer les horreurs commises et d'affirmer l'impossibilité pour les criminels d'échapper au jugement divin ?

    Texte étudié : Les Tragiques, Aubigné : Le jugement

    Qui se cache ? qui fuit devant les yeux de Dieu ?
    Vous, Caïns fugitifs, où trouverez-vous lieu ?
    Quand vous auriez les vents collés sous vos aisselles
    Ou quand l'aube du jour vous prêterait ses ailes,
    Les monts vous ouvriraient le plus profond rocher,
    Quand la nuit tâcherait en sa nuit vous cacher,
    Vous enceindre la mer, vous enlever la nue,
    Vous ne fuirez de Dieu ni le doigt ni la vue.
    Or voici les lions de torches acculés,
    Les ours à nez percés, les loups emmuselés :
    Tout s'élève contre eux : les beautés de Nature,
    Que leur rage troubla de venin et d'ordure,
    Se confrontent en mire et se lèvent contre eux.
    « Pourquoi, dira le Feu, avez-vous de mes feux,
    Qui n'étaient ordonnés qu'à l'usage de vie,
    Fait des bourreaux, valets de votre tyrannie ? »
    L'air encore une fois contre eux se troublera,
    Justice au juge saint, trouble, demandera,
    Disant : « Pourquoi, tyrans et furieuses bestes,
    M'empoisonnâtes-vous de charognes, de pestes,
    Des corps de vos meurtris ? » - « Pourquoi, diront les eaux,
    Changeâtes-vous en sang l'argent de nos ruisseaux ? »
    Les monts, qui ont ridé le front à vos supplices :
    « Pourquoi nous avez-vous rendu vos précipices ?
    - Pourquoi nous avez-vous, diront les arbres, faits
    D'arbres délicieux, exécrables gibets ? »
    Nature, blanche, vive et belle de soi-même,
    Présentera son front ridé, fâcheux et blême,
    Aux peuples d'Italie et puis aux nations
    Qui les ont enviés en leurs inventions,
    Pour, de poison mêlé au milieu des viandes,
    Tromper l'amère mort en ses liqueurs friandes,
    Donner au meurtre faux le métier de nourrir,
    Et sous les fleurs de vie embûcher le mourir.