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Commentaire composé Poème sur le désastre de Lisbonne de “Lettres philosophiques

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Voltaire Lettres philosophiques
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Poème sur le désastre de Lisbonne\" de Voltaire. Cette analyse sur Poème sur le désastre de Lisbonne de Voltaire a été réalisée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Lettres philosophiques”

    Le premier novembre 1755, le tremblement de terre de Lisbonne avec ses trente mille morts provoque un choc considérable sur la sensibilité philosophique du XVIIIème siècle et Voltaire, en particulier, restera obsédé par cette catastrophe. A ce moment là, Voltaire s'éloigne définitivement des théories optimistes et ne supporte plus que l'on cherche à nier le mal. L'optimisme leibnizien lui avait toujours paru contestable, désormais, il lui paraît impie.
    Voltaire apprit la triste nouvelle trois semaines plus tard et quelques jours après, écrivit le Poème sur le désastre de Lisbonne qui fut achevé le 16 décembre.

    Texte étudié : \"Poème sur le désastre de Lisbonne\" :

    O malheureux mortels! ô terre déplorable!
    O de tous les mortels assemblage effroyable!
    D'inutiles douleurs éternel entretien!
    Philosophes trompés qui criez: \"Tout est bien\"
    Accourez, contemplez ces ruines affreuses
    Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
    Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
    Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
    Cent mille infortunés que la terre dévore,
    Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
    Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
    Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours!
    Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
    Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
    Direz-vous: \"C'est l'effet des éternelles lois
    Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix\"?
    Direz-vous, en voyant cet amas de victimes:
    \"Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes\"?
    Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
    Sur le sein maternel écrasés et sanglants?
    Lisbonne, qui n'est plus, eut-elle plus de vices
    Que Londres, que Paris, plongés dans les délices?
    Lisbonne est abîmée, et l'on danse à Paris.
    Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
    De vos frères mourants contemplant les naufrages,
    Vous recherchez en paix les causes des orages:
    Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
    Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
    Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes
    Ma plainte est innocente et mes cris légitimes
    Partout environnés des cruautés du sort,
    Des fureurs des méchants, des pièges de la mort
    De tous les éléments éprouvant les atteintes,
    Compagnons de nos maux, permettez-nous les plaintes.
    C'est l'orgueil, dites-vous, l'orgueil séditieux,
    Qui prétend qu'étant mal, nous pouvions être mieux.
    Allez interroger les rivages du Tage;
    Fouillez dans les débris de ce sanglant ravage;
    Demandez aux mourants, dans ce séjour d'effroi
    Si c'est l'orgueil qui crie \"O ciel, secourez-moi!
    O ciel, ayez pitié de l'humaine misère!\"