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Commentaire composé Acte III, scène 3 de “Le Tartuffe

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Molière Le Tartuffe
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte III scène 3 du Tartuffe de Molière (vers 933 à 1000). Cette analyse sur l'acte III, scène 3 du Tartuffe de Molière a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Le Tartuffe”

    Comédie en cinq actes et en alexandrins de Molière, Tartuffe est présentée pour la première fois en 1664, en réaction contre la Compagnie du Saint-Sacrement. Celle-ci parvient à faire interdire la pièce pendant des années, malgré le fait que le Roi Louis XIV l'ait appréciée. Il faut attendre 1669 pour que l'autorisation soit donnée de jouer publiquement la pièce. Cela est (entre autres) dû à l'évolution de la situation en France, de la dissolution de la Compagnie du Saint-Sacrement à la signature de la « Paix de l'Eglise » entre Louis XIV et le Pape.

    Tartuffe, le faux dévot qui a donné son titre à la pièce, a vu son nom rentrer dans le langage courant puisqu'aujourd'hui encore, un tartuffe désigne un hypocrite qui se cache derrière une apparence de bons sentiments.

    Dans l'extrait qui nous concerne ici, Tartuffe révèle son véritable visage. Les deux tirades qui y sont présentées font montre d'une double parole qui vient témoigner de son hypocrisie. Il est en présence d'Elmire, la femme d'Orgon.

    Texte étudié: Molière, Tartuffe, Acte III scène 3 : Vers 933 à 1000

    TARTUFFE L'amour qui nous attache aux beautés éternelles,
    N'étouffe pas en nous l'amour des temporelles.
    Nos sens facilement peuvent être charmés
    Des ouvrages parfaits que le Ciel a formés.
    Ses attraits réfléchis brillent dans vos pareilles:
    Mais il étale en vous ses plus rares merveilles.
    Il a sur votre face épanché des beautés,
    Dont les yeux sont surpris, et les coeurs transportés ;
    Et je n'ai pu vous voir, parfaite créature,
    Sans admirer en vous l'auteur de la nature,
    Et d'une ardente amour sentir mon coeur atteint,
    Au plus beau des portraits où lui-même il s'est peint.
    D'abord j'appréhendai que cette ardeur secrète
    Ne fût du noir esprit une surprise adroite;
    Et même à fuir vos yeux, mon coeur se résolut,
    Vous croyant un obstacle à faire mon salut.
    Mais enfin je connus, ô beauté toute aimable,
    Que cette passion peut n'être point coupable;
    Que je puis l'ajuster avec que la pudeur,
    Et c'est ce qui m'y fait abandonner mon coeur.
    Ce m'est, je le confesse, une audace bien grande,
    Que d'oser, de ce coeur, vous adresser l'offrande;
    Mais j'attends, en mes voeux, tout de votre bonté,
    Et rien des vains efforts de mon infirmité.
    En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude:
    De vous dépend ma peine, ou ma béatitude;
    Et je vais être enfin, par votre seul arrêt,
    Heureux, si vous voulez; malheureux, s'il vous plaît.
    ELMIRE La déclaration est tout à fait galante:
    Mais elle est, à vrai dire, un peu bien surprenante.
    Vous deviez, ce me semble, armer mieux votre sein,
    Et raisonner un peu sur un pareil dessein.
    Un dévot comme vous, et que partout on nomme...
    TARTUFFE Ah! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme;
    Et lorsqu'on vient à voir vos célestes appas,
    Un coeur se laisse prendre, et ne raisonne pas.
    Je sais qu'un tel discours de moi paraît étrange;
    Mais, Madame, après tout, je ne suis pas un ange;
    Et si vous condamnez l'aveu que je vous fais,
    Vous devez vous en prendre à vos charmants attraits.
    Dès que j'en vis briller la splendeur plus qu'humaine,
    De mon intérieur vous fûtes souveraine.
    De vos regards divins, l'ineffable douceur,
    Força la résistance où s'obstinait mon coeur;
    Elle surmonta tout, jeûnes, prières, larmes,
    Et tourna tous mes voeux du côté de vos charmes.
    Mes yeux, et mes soupirs, vous l'ont dit mille fois ;
    Et pour mieux m'expliquer, j'emploie ici la voix.
    Que si vous contemplez, d'une âme un peu bénigne,
    Les tribulations de votre esclave indigne;
    S'il faut que vos bontés veuillent me consoler,
    Et jusqu'à mon néant daignent se ravaler,
    J'aurai toujours pour vous, ô suave merveille,
    Une dévotion à nulle autre pareille.
    Votre honneur, avec moi, ne court point de hasard;
    Et n'a nulle disgrâce à craindre de ma part.
    Tous ces galants de cour, dont les femmes sont folles,
    Sont bruyants dans leurs faits, et vains dans leurs paroles.
    De leurs progrès sans cesse on les voit se targuer;
    Ils n'ont point de faveurs, qu'ils n'aillent divulguer;
    Et leur langue indiscrète, en qui l'on se confie,
    Déshonore l'autel où leur coeur sacrifie:
    Mais les gens comme nous, brûlent d'un feu discret,
    Avec qui pour toujours on est sûr du secret.
    Le soin que nous prenons de notre renommée,
    Répond de toute chose à la personne aimée;
    Et c'est en nous qu'on trouve, acceptant notre coeur,
    De l'amour sans scandale, et du plaisir sans peur.
    (Molière, Tartuffe, Acte III scène 3 : Vers 933 à 1000)