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Commentaire composé La chevelure de “Les Fleurs du Mal

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Charles Baudelaire Les Fleurs du Mal
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"La chevelure\" de Baudelaire (recueil \"Les Fleurs du Mal\"). Cette analyse sur \"La Chevelure\" a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Fleurs du Mal”

    Le titre du poème La Chevelure nous plonge d'emblée dans l'univers féminin, en introduisant conjointement au thème fondamental de la femme dans la poésie de Baudelaire, celui de l'amour. Mais curieusement, tout au long du poème, la femme n'est présente que par ce seul attribut de séduction.

    Nous étudierons comment la femme aimée, grâce à sa chevelure, ouvre au poète les portes de l'imagination puis nous verrons comment cette incitation au rêve se déclare sous la forme d'une invitation du voyage, enfin nous verrons comment le poète se rêve l'égal de Dieu.

    Texte étudié : \"La chevelure\" de Baudelaire

    Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
    Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
    Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
    Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
    Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !
    La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
    Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
    Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
    Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
    Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.
    J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
    Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
    Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
    Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
    De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :
    Un port retentissant où mon âme peut boire
    A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
    Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
    Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
    D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.
    Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
    Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
    Et mon esprit subtil que le roulis caresse
    Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
    Infinis bercements du loisir embaumé !
    Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
    Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
    Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
    Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
    De l'huile de coco, du musc et du goudron.
    Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
    Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
    Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
    N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
    Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?