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Commentaire composé Lantier : la fêlure héréditaire de “La Bête humaine

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Emile Zola La Bête humaine
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Lantier : Fêlure héréditaire\" de Zola (extrait de La bête humaine). Cette analyse sur la \"Lantier : la fêlure héréditaire\" dans La Bête Humaine de Zola a été rédigée par un professeur de français.

    La Bête humaine (1890) est un roman très célèbre d'Emile Zola (1840-1902). Il s'inscrit dans le cycle romanesque constitué par vingt romans, l'ensemble des Rougon-Macquart. Dans le roman qui nous intéresse ici, Zola suit un mécanicien de locomotive, Jacques Lantier, un homme marqué dès son plus jeune âge par des pulsions sexuelles et meurtrières, la fameuse « fêlure héréditaire ».

    Naturalisme et volonté d'étude du crime marquent le passage que nous allons étudier. Dans ce texte, Jacques s'interroge sur les pulsions meurtrières qui le déstabilisent. Il finira d'ailleurs par assassiner Séverine, sa maîtresse, car pour lui sexualité et mort sont indissociables. Après avoir manqué de tuer la jeune Flore, Jacques part dans la campagne, où il erre en méditant sur sa famille et sa tare, alors que passe un train « hurlant », symbole de la pulsion de mort qui l'habite... 

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “La Bête humaine”

    « Jacques fuyait dans la nuit mélancolique. Il monta au galop le sentier d'une côte, retomba au fond d'un étroit vallon. Des cailloux roulant sous ses pas l'effrayèrent, il ne se lança à gauche parmi les broussailles, fit un crochet qui le ramena à droite sur un plateau vide. Brusquement, il dévala, il buta contre la haie du chemin de fer un train arrivait grondant, flambant ; et il ne comprit pas d'abord terrifié. Ah ! oui, tout ce monde qui passait, le continuel flot, tandis que lui agonisait là ! Il repartit, grimpa, descendit encore. Toujours maintenant il rencontrait la voie, au fond des tranchées profondes qui creusaient des abîmes, sur les remblais et qui fermaient l'horizon de barricades géantes. Ce pays désert, coupé de monticules, était comme un labyrinthe sans issue, où tournait sa folie, dans la morne désolation des terrains incultes. Et, depuis de longues minutes, il battait les pentes, lorsqu'il aperçut devant lui l'ouverture ronde, la gueule noire du tunnel. Un train montant s'y engouffrait, hurlant et sifflant, laissant, disparu, bu par la terre, une longue secousse dont le sol tremblait. [...] (1)

    Pourtant, il s'efforçait de se calmer, il aurait voulu comprendre. Qu'avait-il donc de différent, lorsqu'il se comparait aux autres ? Là-bas, à Plassans (2), dans sa jeunesse, souvent déjà il s'était questionné. Sa mère Gervaise, il est vrai, l'avait eu très jeune, à quinze ans et demi ; mais il n'arrivait que le second, elle entrait à peine dans sa quatorzième année, lorsqu'elle était accouchée du premier, Claude (3) ; et aucun de ses deux frères, ni Claude, ni Etienne , né plus tard, ne semblait souffrir d'une mère si enfant et d'un père gamin comme elle, ce beau Lantier, dont le mauvais cœur devait coûter à Gervaise (4) tant de larmes. Peut-être aussi ses frères avaient-ils chacun son mal qu'ils n'avouaient pas, l'aîné surtout qui se dévorait à vouloir être peintre, si rageusement, qu'on le disait à moitié fou de son génie. La famille n'était guère d'aplomb, beaucoup avaient une fêlure. Lui, à certaines heures, la sentait bien, cette fêlure héréditaire ; non pas qu'il fût d'une santé mauvaise, car l'appréhension et la honte de ses crises l'avaient seules maigri autrefois ; mais c'étaient, dans son être, de subites pertes d'équilibre, comme des cassures, des trous par lesquels son moi lui échappait, au milieu d'une sorte de grande fumée qui déformait tout. Il ne s'appartenait plus, il obéissait à ses muscles, à la bête enragée. Pourtant, il ne buvait pas, il se refusait même un petit verre d'eau-de-vie, ayant remarqué que la moindre goutte d'alcool le rendait fou. Et il en venait à penser qu'il payait pour les autres, les pères, les grands-pères, qui avaient bu, les générations d'ivrognes dont il était le sang gâté, un lent empoisonnement, une sauvagerie qui le ramenait avec les loups mangeurs de femmes, au fond des bois. »