Offrez-vous une analyse en moins de 2 minutes.

2500 résumés et analyses de livre rédigés par des pros.    Découvrez nos abonnements

Commentaire composé Chapitre 5, Livre I (L'amitié nouée avec Gesril) de “Mémoires d'Outre-Tombe

Encore 5 téléchargements disponibles ce mois-ci Télécharger l'analyse (.doc)
François-René de Chateaubriand Mémoires d'Outre-Tombe
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur L'amitié nouée avec Gesril de Chateaubriand (Mémoires d'Outre-Tombe, Livre 1 chapitre 5). Cette analyse sur L'amitié nouée avec Gesril de Chateaubriand a été rédigée par un professeur de français.

    • 4 pages de commentaire composé
    • format .pdf
    • style abordable & grand public
  • Télécharger le commentaire maintenant!

  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Mémoires d'Outre-Tombe”

    Cette partie des Mémoires d'Outre-Tombe datée de 1812 (mais certainement retouchée vers 1830) relate l'amitié qui se noua à Saint-Malo entre le jeune Chateaubriand et Gesril qui habitait le même hôtel que lui. La lecture méthodique de ce texte permettra de mieux distinguer le double projet des Mémoires : \"expliquer son inexplicable coeur, et rendre compte d'une vie publique à laquelle il a participé\". Les objectifs de Chateaubriand sont les suivants : mettre en place le motif de la prédestination héroïque et celui de la prédestination malheureuse.

    Texte : L'amitié nouée avec Gesril de Chateaubriand

    J'allais avec Gesril à Saint-Servan, faubourg séparé de Saint-Malo par le
    port marchand. Pour y arriver à basse mer, on franchit des courants d'eau
    sur des ponts étroits de pierres plates, que recouvre la marée montante.
    Les domestiques qui nous accompagnaient, étaient restés assez loin
    derrière nous. Nous apercevons à l'extrémité d'un de ces ponts deux
    mousses qui venaient à notre rencontre; Gesril me dit: \"Laisserons-nous
    passer ces gueux-là?\" et aussitôt il leur crie: \"A l'eau, canards!\" Ceux-ci,
    en qualité de mousses, n'entendant pas raillerie, avancent; Gesril recule;
    nous nous plaçons au bout du pont, et saisissant des galets, nous les
    jetons à la tête des mousses. Ils fondent sur nous, nous obligent à lâcher
    pied, s'arment eux-mêmes de cailloux, et nous mènent battant jusqu'à
    notre corps de réserve, c'est-à-dire jusqu'à nos domestiques. Je ne fus
    pas comme Horatius frappé à l'oeil: une pierre m'atteignit si rudement
    que mon oreille gauche, à moitié détachée, tombait sur mon épaule. Je ne
    pensai point à mon mal, mais à mon retour. Quand mon ami rapportait de
    ses courses un oeil poché, un habit déchiré, il était plaint, caressé, choyé,
    rhabillé: en pareil cas, j'étais mis en pénitence. Le coup que j'avais reçu
    était dangereux, mais jamais La France ne me put persuader de rentrer,
    tant j'étais effrayé. Je m'allai cacher au second étage de la maison, chez
    Gesril, qui m'entortilla la tête d'une serviette. Cette serviette le mit en
    train: elle lui représenta une mitre; il me transforma en évêque, et me fit
    chanter la grand'messe avec lui et ses soeurs jusqu'à l'heure du souper.
    Le pontife fut alors obligé de descendre: le coeur me battait. Surpris de
    ma figure débiffée et barbouillée de sang, mon père ne dit pas un mot;
    ma mère poussa un cri; La France conta mon cas piteux, en m'excusant;
    je n'en fus pas moins rabroué. On pansa mon oreille, et monsieur et
    madame de Chateaubriand résolurent de me séparer de Gesril le plus tôt
    possible. Je ne sais si ce ne fut point cette année que le comte d'Artois
    vint à Saint-Malo: on lui donna le spectacle d'un combat naval. Du haut du
    bastion de la poudrière, je vis le jeune prince dans la foule au bord de la
    mer: dans son éclat et dans mon obscurité, que de destinées inconnues!
    Ainsi, sauf erreur de mémoire, Saint-Malo n'aurait vu que deux rois de
    France, Charles IX et Charles X. Voilà le tableau de ma première enfance.
    J'ignore si la dure éducation que je reçus est bonne en principe, mais elle
    fut adoptée de mes proches sans dessein et par une suite naturelle de leur
    humeur. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'elle a rendu mes idées moins
    semblables à celles des autres hommes; ce qu'il y a de plus sûr encore,
    c'est qu'elle a imprimé à mes sentiments un caractère de mélancolie née
    chez moi de l'habitude de souffrir à l'âge de la faiblesse, de
    l'imprévoyance et de la joie.