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Commentaire composé Une métamorphose de “Quatre-vingt-treize

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Victor Hugo Quatre-vingt-treize
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Une métamorphose\", extrait de \"Quatre-vingt-treize\" de Victor Hugo (2e livre, chapitre 4). Cette analyse sur une métamorphose, extrait de Quatre-vingt-treize de Victor Hugo a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Quatre-vingt-treize”

    Ce texte est tiré du livre 2 de la première partie de Quatre-vingt-treize, roman de Victor Hugo, paru en février 1874. Nous sommes ici au début du roman ; une corvette anglaise, la Claymore, pilotée par un équipage français composé d'émigrés royalistes, tente d'aborder les côtes bretonnes pour y débarquer un mystérieux personnage, chargé de relancer la guerre de Vendée. Mais une caronade, un gros canon de marine, vient brutalement de rompre son amarre et menace l'existence du navire.

    Texte étudié : Une métamorphose (de Victor Hugo) : Quatre-vingt-treize

    Un canon qui casse son amarre devient brusquement on ne sait quelle
    bête surnaturelle. C'est une machine qui se transforma en un monstre.
    Cette masse court sur ses roues, a des mouvements de bille de billard,
    penche avec le roulis, plonge avec le tangage, va, vient, s'arrête, paraît
    méditer, reprend sa course, traverse comme une flèche le navire d'un
    bout à l'autre, pirouette, se dérobe, s'évade, se cabre, heurte, ébrèche,
    tue, extermine. C'est un bélier qui bat à sa fantaisie une muraille. Ajoutez
    ceci : le bélier est de fer, la muraille est de bois. C'est l'entrée en liberté
    de la matière ; on dirait que cet esclave éternel se venge ; il semble que
    la méchanceté qui est dans ce que nous appelons les objets inertes sorte
    et éclate tout à coup ; cela a l'air de perdre patience et de prendre une
    étrange revanche obscure ; rien de plus inexorable que la colère de
    l'inanimé. Ce bloc forcené a les sauts de la panthère, la lourdeur de
    l'éléphant, l'agilité de la souris, l'opiniâtreté de la cognée, l'inattendu de la
    houle, les coups de coude de l'éclair, la surdité du sépulcre. Il pèse dix
    mille, et il ricoche comme une balle d'enfant. Ce sont des tournoiements
    brusquement coupés d'angles droits. Et que faire ? Comment en venir à
    bout ? Une tempête cesse, un cyclone passe, un vent tombe, un mât brisé
    se remplace, une voie d'eau se bouche, un incendie s'éteint ; mais que
    devenir avec cette énorme brute de bronze ? De quelle façon s'y
    prendre ? Vous pouvez raisonner un dogue, étonner un taureau, fasciner
    un boa, effrayer un tigre, attendrir un lion ; aucune ressource avec ce
    monstre, un canon lâché. Vous ne pouvez pas le tuer, il est mort ; en en
    même temps, il vit. Il vit d'une vie sinistre qui lui vient de l'infini. Il a sous
    lui son plancher qui le balance. Il est remué par le navire, qui est remué
    par la mer, qui est remuée par le vent. Cet exterminateur est un jouet. Le
    navire, les flots, les souffles, tout cela le tient ; de là sa vie affreuse. Que
    faire à cet engrenage ? Comment entraver ce mécanisme monstrueux du
    naufrage ? Comment prévoir ces allées et venues, ces retours, ces arrêts,
    ces chocs ? Chacun de ces coups au bordage peut défoncer le navire.
    (Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1ère partie., L.2, ch. IV., Une métamorphose)