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Commentaire composé Chapitre 3 (Le chien et le cheval) de “Zadig

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Voltaire Zadig
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur le chapitre 3 de Zadig de Voltaire : \"Le chien et le cheval\". Cette analyse sur Le chien et le cheval (chapitre 3) de Zadig de Voltaire a été réalisée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Zadig”

    L'extrait étudié est extrait du troisième chapitre de \"Zadig\" : Le chien et le cheval. \"Zadig\" est une oeuvre de Voltaire, auteur du 18ème siècle, siècle des Lumières.

    Après avoir subi l'infidélité de Sémire et avoir répudié Azora, Zadig se trouve dans la nature qu'il veut étudier. Son esprit d'observation et de déduction lui vaut d'être accusé du vol du cheval du roi et de la chienne de la reine. En effet, il décrit les animaux avec une telle précision qu'on n'hésite pas une seconde à l'envoyer devant le tribunal. Nous nous pencherons ici sur l'esprit critique dont fait part Zadig dans un premier temps puis nous étudierons la satire de la justice.

    Texte étudié : Le chien et le cheval (Zadig, Voltaire)

    Le chien et le cheval.
    Zadig éprouva que le premier mois du mariage, comme il est écrit dans le
    livre du Zend, est la lune du miel, et que le second est la lune de
    l'absinthe. Il fut quelque temps après obligé de répudier Azora, qui était
    devenue trop difficile à vivre, et il chercha son bonheur dans l'étude de la
    nature. Rien n'est plus heureux, disait-il, qu'un philosophe qui lit dans ce
    grand livre que Dieu a mis sous nos yeux. Les vérités qu'il découvre sont à
    lui: il nourrit et il élève son âme, il vit tranquille ; il ne craint rien des
    hommes, et sa tendre épouse ne vient point lui couper le nez.
    Plein de ces idées, il se retira dans une maison de campagne sur les bords
    de l'Euphrate. Là il ne s'occupait pas à calculer combien de pouces d'eau
    coulaient en une seconde sous les arches d'un pont, ou s'il tombait une
    ligne cube de pluie dans le mois de la souris plus que dans le mois du
    mouton. Il n'imaginait point de faire de la soie avec des toiles d'araignée,
    ni de la porcelaine avec des bouteilles cassées ; mais il étudia surtout les
    propriétés des animaux et des plantes, et il acquit bientôt une sagacité qui
    lui découvrait mille différences où les autres hommes ne voient rien que
    d'uniforme.
    Un jour, se promenant auprès d'un petit bois, il vit accourir à lui un
    eunuque de la reine, suivi de plusieurs officiers qui paraissaient dans la
    plus grande inquiétude, et qui couraient çà et là comme des hommes
    égarés qui cherchent ce qu'ils ont perdu de plus précieux. Jeune homme,
    lui dit le premier eunuque, n'avez-vous point vu le chien de la reine ?
    Zadig répondit modestement, C'est une chienne, et non pas un chien.
    Vous avez raison, reprit le premier eunuque. C'est une épagneule très
    petite, ajouta Zadig ; elle a fait depuis peu des chiens ; elle boite du pied
    gauche de devant, et elle a les oreilles très longues. Vous l'avez donc
    vue ? dit le premier eunuque tout essoufflé. Non, répondit Zadig, je ne l'ai
    jamais vue, et je n'ai jamais su si la reine avait une chienne.
    Précisément dans le même temps, par une bizarrerie ordinaire de la
    fortune, le plus beau cheval de l'écurie du roi s'était échappé des mains
    d'un palefrenier dans les plaines de Babylone. Le grand-veneur et tous les
    autres officiers couraient après lui avec autant d'inquiétude que le premier
    eunuque après la chienne. Le grand-veneur s'adressa à Zadig, et lui
    demanda s'il n'avait point vu passer le cheval du roi. C'est, répondit
    Zadig, le cheval qui galope le mieux ; il a cinq pieds de haut, le sabot fort
    petit ; il porte une queue de trois pieds et demi de long ; les bossettes de
    son mors sont d'or à vingt-trois carats ; ses fers sont d'argent à onze
    deniers. Quel chemin a-t-il pris ? où est-il ? demanda le grand-veneur. Je
    ne l'ai point vu, répondit Zadig, et je n'en ai jamais entendu parler.
    Le grand-veneur et le premier eunuque ne doutèrent pas que Zadig n'eût
    volé le cheval du roi et la chienne de la reine ; ils le firent conduire devant
    l'assemblée du grand Desterham, qui le condamna au knout, et à passer
    le reste de ses jours en Sibérie. A peine le jugement fut-il rendu qu'on
    retrouva le cheval et la chienne. Les juges furent dans la douloureuse
    nécessité de réformer leur arrêt ; mais ils condamnèrent Zadig à payer
    quatre cents onces d'or, pour avoir dit qu'il n'avait point vu ce qu'il avait
    vu. Il fallut d'abord payer cette amende ; après quoi il fut permis à Zadig
    de plaider sa cause au conseil du grand Desterham ; il parla en ces
    termes :
    «Étoiles de justice, abîmes de science, miroirs de vérité, qui avez la
    pesanteur du plomb, la dureté du fer, l'éclat du diamant, et beaucoup
    d'affinité avec l'or, puisqu'il m'est permis de parler devant cette auguste
    assemblée, je vous jure par Orosmade, que je n'ai jamais vu la chienne
    respectable de la reine, ni le cheval sacré du roi des rois. Voici ce qui
    m'est arrivé: Je me promenais vers le petit bois où j'ai rencontré depuis le
    vénérable eunuque et le très illustre grand-veneur. J'ai vu sur le sable les
    traces d'un animal, et j'ai jugé aisément que c'étaient celles d'un petit
    chien. Des sillons légers et longs, imprimés sur de petites éminences de
    sable entre les traces des pattes, m'ont fait connaître que c'était une
    chienne dont les mamelles étaient pendantes, et qu'ainsi elle avait fait des
    petits il y a peu de jours. D'autres traces en un sens différent, qui
    paraissaient toujours avoir rasé la surface du sable à côté des pattes de
    devant, m'ont appris qu'elle avait les oreilles très longues ; et comme j'ai
    remarqué que le sable était toujours moins creusé par une patte que par
    les trois autres, j'ai compris que la chienne de notre auguste reine était un
    peu boiteuse, si je l'ose dire.
    «A l'égard du cheval du roi des rois, vous saurez que, me promenant dans
    les routes de ce bois, j'ai aperçu les marques des fers d'un cheval ; elles
    étaient toutes à égales distances.
    Voilà, ai-je dit, un cheval qui a un galop parfait. La poussière des arbres,
    dans une route étroite qui n'a que sept pieds de large, était un peu
    enlevée à droite et à gauche, à trois pieds et demi du milieu de la route.
    Ce cheval, ai-je dit, a une queue de trois pieds et demi, qui, par ses
    mouvements de droite et de gauche, a balayé cette poussière. J'ai vu sous
    les arbres qui formaient un berceau de cinq pieds de haut, les feuilles des
    branches nouvellement tombées ; et j'ai connu que ce cheval y avait
    touché, et qu'ainsi il avait cinq pieds de haut. Quant à son mors, il doit
    être d'or à vingt-trois carats ; car il en a frotté les bossettes contre une
    pierre que j'ai reconnue être une pierre de touche, et dont j'ai fait l'essai.
    J'ai jugé enfin par les marques que ses fers ont laissées sur des cailloux,
    d'une autre espèce, qu'il était ferré d'argent à onze deniers de fin.»
    Tous les juges admirèrent le profond et subtil discernement de Zadig ; la
    nouvelle en vint jusqu'au roi et à la reine. On ne parlait que de Zadig dans
    les antichambres, dans la chambre, et dans le cabinet ; et quoique
    plusieurs mages opinassent qu'on devait le brûler comme sorcier, le roi
    ordonna qu'on lui rendît l'amende des quatre cents onces d'or à laquelle il
    avait été condamné. Le greffier, les huissiers, les procureurs, vinrent chez
    lui en grand appareil lui rapporter ses quatre cents onces ; ils en retinrent
    seulement trois cent quatre-vingt-dix-huit pour les frais de justice, et
    leurs valets demandèrent des honoraires.
    Zadig vit combien il était dangereux quelquefois d'être trop savant, et se
    promit bien, à la première occasion, de ne point dire ce qu'il avait vu.
    Cette occasion se trouva bientôt. Un prisonnier d'état s'échappa ; il passa
    sous les fenêtres de sa maison. On interrogea Zadig, il ne répondit rien ;
    mais on lui prouva qu'il avait regardé par la fenêtre. Il fut condamné pour
    ce crime à cinq cents onces d'or, et il remercia ses juges de leur
    indulgence, selon la coutume de Babylone. Grand Dieu ! dit-il en luimême,
    qu'on est à plaindre quand on se promène dans un bois où la
    chienne de la reine et le cheval du roi ont passé ! qu'il est dangereux de
    se mettre à la fenêtre ! et qu'il est difficile d'être heureux dans cette vie !