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Commentaire composé Le train fou de “La Bête humaine

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Emile Zola La Bête humaine
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Le train fou\", extrait de \"La Bête Humaine\" de Zola. Cette analyse sur Le train fou, extrait de La Bête Humaine de Zola a été rédigé par un professeur de français.

    La Bête humaine est un roman très célèbre d'Emile Zola (1840-1902). Il s'inscrit dans le cycle romanesque constitué par vingt romans, l'ensemble des Rougon-Macquart. Dans le roman qui nous intéresse ici, Zola suit un mécanicien de locomotive, Jacques Lantier, un homme marqué dès son plus jeune âge par des pulsions sexuelles et meurtrières, la fameuse « fêlure héréditaire ».

    Le passage que nous allons étudier raconte le combat entre Lantier et son chauffeur Pecqueux, au sein même de la locomotive. Ils se tuent mutuellement tandis que le train libéré de tout chauffeur poursuit à folle allure sur sa lancée...

    En tant que chef de file du mouvement naturaliste, Zola s'est attaché à décrire avec le plus d'objectivité et de détails réalistes possibles la scène et ses composantes. Mais il va plus loin, en offrant le spectacle de la métamorphose de la machine, qui prolonge la folie de Jacques après sa mort de ce dernier. Le train fou nous offre alors une scène épique et fantastique.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “La Bête humaine”

    « Mais Pecqueux, d'un dernier élan, précipita Jacques ; et celui-ci, sentant le vide, éperdu, se cramponna à son cou, si étroitement, qu'il l'entraîna. Il y eut deux cris terribles, qui se confondirent, qui se perdirent. Les deux hommes, tombés ensemble, entraînés sous les roues par la réaction de la vitesse, furent coupés, hachés, dans leur étreinte, dans cette effroyable embrassade, eux qui avaient si longtemps vécu en frères. On les retrouva sans tête, sans pieds, deux troncs sanglants qui se serraient encore, comme pour s'étouffer.
    Et la machine, libre de toute direction, roulait, roulait toujours. Enfin, la rétive, la fantasque, pouvait céder à la fougue de sa jeunesse, ainsi qu'une cavale indomptée encore, échappée des mains du gardien, galopant par la campagne rase. La chaudière était pourvue d'eau, le charbon dont le foyer venait d'être rempli, s'embrasait ; et, pendant la première demi-heure, la pression monta follement, la vitesse devint effrayante. Sans doute, le conducteur chef, cédant à la fatigue, s'était endormi. Les soldats, dont l'ivresse augmentait, à être ainsi entassés, subitement s'égayèrent de cette course violente, chantèrent plus fort. On traversa Maromme, en coup de foudre. Il n'y avait plus de sifflet, à l'approche des signaux, au passage des gares. C'était le galop tout droit, la bête qui fonçait la tête basse et muette, parmi les obstacles. Elle roulait, roulait sans fin, comme affolée de plus en plus par le bruit strident de son haleine.
    À Rouen, on devait prendre de l'eau ; et l'épouvante glaça la gare, lorsqu'elle vit passer, dans un vertige de fumée et de flamme, ce train fou, cette machine sans mécanicien ni chauffeur, ces wagons à bestiaux emplis de troupiers qui hurlaient des refrains patriotiques. Ils allaient à la guerre, c'était pour être plus vite là-bas, sur les bords du Rhin. Les employés étaient restés béants, agitant les bras. Tout de suite, le cri fut général : jamais ce train débridé, abandonné à lui-même, ne traverserait sans encombre la gare de Sotteville, toujours barrée par des manœuvres, obstruée de voitures et de machines, comme tous les grands dépôts. Et l'on se précipita au télégraphe, on prévint. Justement, là-bas, un train de marchandises qui occupait la voie, put être refoulé sous une remise. Déjà, au loin, le roulement du monstre échappé s'entendait. Il s'était rué dans les deux tunnels qui avoisinent Rouen, il arrivait de son galop furieux, comme une force prodigieuse et irrésistible que rien ne pouvait plus arrêter. Et la gare de Sotteville fut brûlée, il fila au milieu des obstacles sans rien accrocher, il se replongea dans les ténèbres, où son grondement peu à peu s'éteignit. »

    Zola, La Bête humaine (1890)