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Commentaire composé Acte II, scène 5 (L'aveu de Phèdre) de “Phèdre

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Jean Racine Phèdre
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte II scène 5 de Phèdre de Racine (vers 663-713) sur L'aveu de Phèdre. Cette analyse sur l'aveu de Phèdre extrait de Phèdre de Racine (acte II, scène 5) a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Phèdre”

    Phèdre, tragédie classique en 5 actes et en vers, est montrée par Jean Racine (1639-1699) pour la première fois en janvier 1677 ; la pièce est alors intitulée Phèdre et Hippolyte, ce qui n'est modifié que dix ans plus tard. Comme dans toute réécriture d'un mythe, les sources du dramaturge sont nombreuses. On y trouve notamment des références au poète grec Euripide et au philosophe romain Sénèque. Comme l'écrivait Gide dans son Journal, cette pièce réside dans le conflit qui tourmente Phèdre, \"théâtre et victime d'une tragédie interne.\"

    L'extrait étudié est le second aveu de Phèdre. L'ensemble de la pièce met en scène 3 confessions de l'héroïne. Celle-ci nous présente, avec toute la grandeur des personnages tragiques, la violence d'une passion et la fatalité qui y est liée.

    Extrait étudié : Acte II, scène 5 de Phèdre

    « PHÈDRE
    Et sur quoi jugez-vous que j'en perds la mémoire,
    Prince ? Aurais-je perdu tout le soin de ma gloire ?

    HIPPOLYTE
    Madame, pardonnez. J'avoue, en rougissant,
    Que j'accusais à tort un discours innocent.
    Ma honte ne peut plus soutenir votre vue ;
    Et je vais...

    PHÈDRE
    Ah ! cruel, tu m'as trop entendue.
    Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
    Hé bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
    J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
    Innocente à mes yeux je m'approuve moi-même,
    Ni que du fol amour qui trouble ma raison
    Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
    Objet infortuné des vengeances célestes,
    Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
    Les Dieux m'en sont témoins, ces Dieux qui dans mon flanc
    Ont allumé le feu fatal à tout mon sang,
    Ces Dieux qui se sont fait une gloire; cruelle
    De séduire le cœur d'une faible mortelle.
    Toi-même en ton esprit rappelle le passé.
    C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé.
    J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine.
    Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
    De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
    Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.
    Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
    J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes.
    Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
    Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
    Que dis-je ? Cet aveu que je viens de te faire,
    Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
    Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
    Je te venais prier de ne le point haïr.
    Faibles projets d'un cœur trop plein de ce qu'il aime !
    Hélas ! je ne t'ai pu parler que de toi-même.
    Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour.
    Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
    Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
    La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
    Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.
    Voilà mon cœur. C'est là que ta main doit frapper.
    Impatient déjà d'expier son offense,
    Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
    Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,
    Si ta haine m'envie un supplice si doux,
    Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
    Au défaut de ton bras prête-moi ton épée.
    Donne. » (Phèdre, Racine, Acte II, Scène 5)